Il s'agit du premier roman de Koethi Zan, chapeau bas! Belle prouesse! "Au bout de la peur" n'aurait pas pu trouver meilleur titre. Le dépassement de soi, demande du courage, de la volonté et de la persévérance...c'est tout à fait ce que va tenter d'appliquer Sarah, notre héroïne qui part, pourtant, avec très peu d'atouts.

Résumé: 
À 18 ans, Sarah est kidnappée avec sa meilleure amie, Jennifer. Avec deux autres jeunes filles, elles passeront trois ans enfermées et torturées dans une cave. Jennifer n’y survivra pas. Dix ans plus tard, Sarah vit cloîtrée dans son appartement new-yorkais quand elle apprend que son bourreau va être libéré sur parole. Dans l’espoir d’apprendre où il a dissimulé le corps de Jennifer et pour enfin tourner la page, la jeune femme décide de se confronter à son ravisseur. À ses risques et périls…

Mon avis (4/6):
Roman écrit à la première personne, cela nous permet de rentrer rapidement dans le vif du sujet. Chaque personnage est traité de au-bout-de-la-peur-490163-250-400façon approfondie, son côté clair et son côté obscur. La priorité n'est pas donnée aux dialogues, beaucoup de description, de ressentis, de flashback, de pensées intimes. 

On entre dans une cave où règne la souffrance physique et psychologique et on se rend compte que cela ne se limite pas à cette seule cave... Tout au long du récit, de nombreuses atrocités sont évoquées sans, cependant, rentrer dans les détails des actes ce qui évite le côté voyeurisme gratuit. 
Les phases d'action sont intenses et pour rien au monde on ne lâcherait le livre. 

A la lecture du résumé de "Au bout de la peur", je craignais de trouver un côté "policier" trop prononcé. Il n'en est rien. La police est présente, oui, mais à juste dose et toujours à distance. 

Le dénouement est très intéressant, mais trop rapide, j'aurai aimé avoir plus d'explications pour comprendre pourquoi on en est arrivé là. Depuis le début du livre j'avais deviné la pièce maîtresse du dénouement, j'espèrais me tromper pour être surprise, en vain.  

Quelques passages:
"À notre sortie de l'hôpital, nous nous sommes lancées avec sérieux dans notre projet. À la bibliothèque de l'école, nous avons trouvé des almanachs, des revues médicales, et même un ouvrage contenant des statistiques de la mortalité en 1987. Nous avons rassemblé les données, effectué des calculs et pris des notes, noircissant chaque ligne de la preuve irréfutable de la vulnérabilité de l'être humain."

 "Une fois dans ma chambre, j'ai tiré les deux verrous. Je me suis reproché à voix haute d'être aussi maniaque. Ce qui ne m'a pourtant pas empêchée, avant toute autre chose, d'examiner le dépliant de l'hôtel, de mémoriser toutes les issues de secours et de décrocher le téléphone pour vérifier la tonalité. J'ai sorti mon portable pour le recharger, même si la batterie était quasiment pleine. On n'est jamais trop prudent."

"J'étais victime d'un dilemme: impossible de porter le téléphone à mon oreille sans nous faire repérer, et pourtant si je ne passais pas de coup de fil, si je ne parvenais pas d'une manière ou d'une autre à joindre quelqu'un au-delà des murs de cet entrepôt, le pire était à prévoir."