Une cruelle absence de Jenny Blackhurst  (Thriller, suspense)
Edition France Loisirs - publié en décembre 2014 

Résumé:une-cruelle-absence-Jenny Blackhurst-critique-avis-opinion-Fleurdô Une enveloppe glissée sous la porte de Susan. A l'intérieur, la photo d'un petit garçon et son nom : Dylan. Pourtant, l'enfant est mort depuis 3 ans. Susan le sait bien : elle a été accusée d'avoir tué son fils.
Susan a purgé une peine de 3 ans de prison pour le meurtre de son bébé. Pourtant, elle n'a aucun souvenir du drame. Et si Dylan était encore en vie ?
Bientôt d'autres événements étranges se produisent, puis Susan reçoit des menaces. Vengeance ou manipulation ? Qu'est-il vraiment arrivé à Dylan ? La jeune femme fera tout pour le découvrir, malgré l'inconnu qui la terrorise et la traque...

Mon avis (4/6):
Dès le début, on navigue entre 2013 et les années 90. Petit à petit, le lien entre ces deux époques devient une évidence et l'on en comprend l'intérêt, mais au début c'est très déroutant. Malgré cela, petit à petit je ne pouvais plus décrocher de l'intrigue et l'interaction passé/présent finit par être limpide. De nombreux personnages entrent en scène dans ce roman et il y a un temps d'adaptation avant de les assimiler correctement. L'histoire est palpitante, à aucun moment on ne peut présager la suite du scénario, ce qui rend chaque retournement fort appréciable, car imprévisible. Le sujet de la dépression post-partum est beaucoup abordée. Notre héroïne doute sans cesse, mais au fur et à mesure elle prend confiance et donnerait sa vie pour découvrir la vérité, sa vérité. On ne s'y attache pas vraiment, car on ignore si on doit se ranger ou non de son côté. L'écriture est très abordable, fraîche et dynamique. La fin du livre est vraiment réussie et ne gâche pas le plaisir que l'on a eu à lire le roman. "Une cruelle absence" est le premier roman de Jenny Blackhurst, souhaitons lui des thrillers toujours plus efficaces! 

Quelques passages:
"Soudain, un bruit sourd à l'étage m'arrache un cri. Quelqu'un est en train de courir au-dessus de ma tête! Avant même que j'aie eu le temps de réagir, les pas rejoignent l'escalier.Cherchant de quoi me défendre dans la pagaille qui m'entoure, je me rends compte que mon porte-couteaux dernier cri est vide: ses six occupants sont plantés si profondément dans le placo du mur que je n'arrive pas à les déloger. Là, je commence vraiment à paniquer."

" Des images que j'avais difficilement réussi à refouler me reviennent soudain en mémoire, comme l'eau filtre à travers les rochers. Je me vois le jour où je me suis réveillée à l'hôpital, non pas progressivement, mais d'un seul coup, les yeux grands ouverts. -Le bébé! Au secours, mon bébé! Je suis seule dans la pièce et quand je tente de me redresser mon ventre hurle de protestation. Que m'est-il arrivé? Qu'est-il arrivé à mon bébé?"

"Les mots me font défaut. J'aimerais me justifier, mais comment? Comment expliquer que mes bras me semblent vides en permanence? Que mon coeur pleure l'absence de mon fils? Que mes yeux voient un enfant mort à chaque coin de rue?"

"Cette fois-ci, c'est sûr: on va me renvoyer à Oakdale. Je n'ai aucune chance de m'en tirer."

"Quand j'étais petite, ma mère et moi nous asseyions en haut de l'escalier pour le descendre ensemble sur les fesses. A chaque marche, je criais "Pause bisous!" et nous nous arrêtions pour nous embrasser, avant de rebondir sur la marche suivante." Les jours où nous étions pressées, maman me portait jusqu'en bas, puis elle me regardait d'un air faussement horrifiée. "On a oublié les pauses bisous!" s'exclamait -elle, et elle me couvrait de baisers, un pour chaque marche, pendant que je gloussais en faisant mine de vouloir lui échapper."

"Ce n'est résolument pas le repaire d'une femme: je ne vois aucun livre de recettes, ni calendrier de chatons, ni étagères à épices. -Vous êtes sûr que vous n'êtes pas gay?".

"Pour être franche, l'entendre parler d'informatique m'ennuyait à mourir. [...] Pour moi, un cookie est un petit gâteau qu'on déguste avec une tasse de thé en regardant Coronation Street..."